Pour une découverte du territoire au fil d'extraits littéraires

Les clochers aigus, hérissés de saillies régulières, […] je ne sais pourquoi, retentissent encore de ce bruit de cloches qui portait une douce mélancolie dans l’âme de Rousseau…
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Les clochers aigus, hérissés de saillies régulières, […] je ne sais pourquoi, retentissent encore de ce bruit de cloches qui portait une douce mélancolie dans l’âme de Rousseau…

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Gérard de Nerval, La Bohême Galante

Je quitte Senlis à regret ; — mais mon ami le veut pour me faire obéir à une pensée que j’avais manifestée imprudemment…

Je me plaisais tant dans cette ville, où la renaissance, le Moyen Age et l’époque romaine se retrouvent çà et là, — au détour d’une rue, dans une écurie, dans une cave. — Je vous parlais « de ces tours des Romains recouvertes de lierre » ! — L’éternelle verdure dont elles sont vêtues fait honte à la nature inconstante de nos pays froids. — En Orient, les bois sont toujours verts ; — chaque arbre a sa saison de mue ; mais cette saison varie selon la nature de l’arbre. C’est ainsi que j’ai vu au Caire les sycomores perdre leurs feuilles en été. En revanche, ils étaient verts au mois de janvier.

Les allées qui entourent Senlis et qui remplacent les antiques fortifications romaines, — restaurées plus tard, par suite du long séjour des rois carlovingiens, — n’offrent plus aux regards que des feuilles rouillées d’ormes, et de tilleuls. Cependant la vue est encore belle, aux alentours, par un beau coucher de soleil. — Les forêts de Chantilly, de Compiègne et d’Ermenonville ; — les bois de Chaalis et de Pont-Armé, se dessinent avec leurs masses rougeâtres sur le vert clair des prairies qui les séparent. Des châteaux lointains élèvent encore leurs tours, — solidement bâties en pierres de Senlis, et qui, généralement, ne servent plus que de pigeonniers.

Les clochers aigus, hérissés de saillies régulières, qu’on appelle dans le pays des ossements je ne sais pourquoi, retentissent encore de ce bruit de cloches qui portait une douce mélancolie dans l’âme de Rousseau…

Accomplissons le pèlerinage que nous nous sommes promis de faire, non pas près de ses cendres, qui reposent au Panthéon, — mais près de son tombeau, situé à Ermenonville, dans l’île dite des Peupliers.

La cathédrale de Senlis ; l’église Saint-Pierre, qui sert aujourd’hui de caserne aux cuirassiers ; le château de Henri IV, adossé aux vieilles fortifications de la ville ; les cloîtres byzantins de Charles le Gros et de ses successeurs, n’ont rien qui doive nous arrêter… C’est encore le moment de parcourir les bois, malgré la brume obstinée du matin.

Nous sommes partis de Senlis, à pied, à travers les bois, aspirant avec bonheur la brume d’automne.

Gallimard, 2005, pp. 173-174.

Gérard de Nerval et ses liens avec le territoire

Gérard de Nerval nous donne sa perception de ce pays qu’est le Valois. Il s’approprie la géographie des lieux pour leur donner un sens nouveau dans sa fiction romanesque. Il évoque les paysages historiques du territoire. En partant de Senlis il aperçoit les forêts de Chantilly, de Compiègne et d’Ermenonville. Le territoire semble figé dans le temps avec ses hameaux, ses châteaux médiévaux et le vallon de la l’Aunette accueillant l’abbaye royale de Chaalis.

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